Le Mouvement Européen 76 a organisé une conférence le mardi 6 octobre 2026 de 18h30 à 20h00 sur la crise énergétique actuelle. Une quarantaine de personnes étaient présentes pour écouter et échanger avec Adina Revol, géopolitologue et essayiste, et Jean-Tristan Grilly, vice-président chez Normandie Energies et délégué régional du groupe ENGIE.



Nous sommes d’abord revenus sur la crise énergétique actuelle et ses conséquences au niveau local et européen.
La crise énergétique de 2026 est plus limitée que celle de 2022, qui était causée par le déclenchement de la guerre en Ukraine par la Russie. Les importations d’hydrocarbures (gaz, pétrole) transitant par le détroit d’Ormuz sont bien moindres que l’importation des hydrocarbures russes. Pour le gaz, le détroit d’Ormuz ne représente que 3% des importations françaises. En France, les énergies fossiles représentent environ 60% du mix énergétique. Et 98% du pétrole sont importés.
Comme Adina Revol, nous pouvons dire que l’énergie est devenue une arme géopolitique car les tensions liées à un conflit impactent notre vie quotidienne (prix de l’essence, fin de la PrimeRenov’).

Face aux tensions géopolitiques qui se répercutent sur le marché de l’énergie, l’Union européenne doit trouver des moyens pour sortir de sa dépendance. Des solutions ont été avancées par les deux intervenants.
Comme l’indépendance énergétique totale est un mythe, il faut une diversification des fournisseurs. Créer des partenariats avec le Canada ou les pays du Mercosur, des interconnexions entre l’Espagne et la France ou entre Dieppe et le Royaume-Uni est un objectif à long terme pour l’Union européenne.
Développer les énergies renouvelables est un choix d’avenir : solaire, éolien, offshore, hydraulique, géothermique, biogaz, électrification…
L’adaptation au climat est essentielle, avec la question de la sobriété.
Le Pacte Vert propose déjà des mesures pour une souveraineté européenne plus grande, mais les objectifs sont encore loin d’être atteints (par exemple, basculer vers 20% de gaz indépendant).
L’acceptabilité par les habitants est un sujet à réfléchir dans cette transition vers d’autres énergies (déformations du paysage, odeurs dérangeantes…).
L’intervention des deux experts était ponctuée d’anecdotes personnelles.
À la suite de ce temps d’informations réunissant deux spécialistes des questions énergétiques, un temps de discussion avec le public a eu lieu.


Plusieurs questions ont été posées :
Quel rôle du nucléaire ?
Le nucléaire est complémentaire des énergies renouvelables. Mais toujours une forme de dépendance car la technologie utilisée dans les EPR est russe ou américaine, comme la centrale de Paks en Hongrie de conception russe.
L’énergie éolienne : quel impact sur l’urbanisme ?
Pas d’éoliennes en ville. Un parc éolien dure à peu près 15 ans, et un parc offshore à peu près 25 ans car ce n’est pas le même type de développement. L’électricité verte représente 27% de la production d’électricité en 2025. Elle permet de réduire notre impact écologique.
Comment faire pour réinvestir ? : l’exemple de la Chine en Afrique
Plus qu’une simplification des normes, il faut une stabilité de la réglementation pour pouvoir inciter les entreprises à investir et à développer. Il faut également privilégier les produits européens, par exemple : achat d’une voiture électrique européenne plutôt qu’une voiture chinoise.

En conclusion, la solidarité européenne est la clé. L’Europe ne peut être forte que si ses États-membres se réunissent autour d’un vrai travail politique avec une vision de long terme. Les citoyens doivent être impliqués dans cette transition écologique avec des mesures favorables comme le leasing social pour les véhicules électriques qui diminuera le coût de la transition. C’est une question de souveraineté et de résilience pour l’Europe.
Remerciements
Nous tenons à remercier chaleureusement Adina Revol et Jean-Tristan Grilly pour leur expertise, ainsi que l’Alliance Française pour son accueil.
Compte rendu rédigé par Alice Caravaca, le 08/10/26