Election présidentielle, l’heure du choix

Emmanuel Macron 17,5/20,
Marine Le Pen 05/20.

C’est la note attribuée aux deux candidats par l’Agence EEE missionnée par le Mouvement européen et cinq autres organisations européennes. Des notes sanctionnant des visions antagonistes de l’avenir Européen.
Quand Emmanuel Macron propose une France ouverte au monde, sûre de ses valeurs au sein d’une Europe puissante, Marine Le Pen annonce une France repliée derrière ses frontières dans une Europe fragilisée, déstabilisée par sa mise en cause des traités.
Le Mouvement européen est une Organisation transpartisane, mais pas apolitique. Nous portons un projet, celui d’une Europe rayonnante, protectrice de ses concitoyens, fière de ses valeurs, une Europe de la coopération, de l’innovation, du développement…

Le 24 avril, l’avenir de l’Europe est en jeu.
Et pour cela nous appelons à voter pour Emmanuel Macron.
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Marine Le Pen: un programme plus travaillé

GOUVERNANCE : 1,5/5

Reste dans l’idée souverainiste de la supériorité de l’État nation sur l’Europe. Son programme européen n’est pas différent de celui de Zemmour bien qu’il soit exprimé souvent en des termes plus policés. Marine Le Pen veut réaffirmer la primauté du droit national sur le droit européen; elle veut le retrait du drapeau européen de tous les bâtiments publics français. Elle veut surtout, sur le modèle britannique de 2016, un référendum sur l’appartenance de la France à l’UE sans jamais prononcer ou invoquer le Frexit. Continuer la lecture de Marine Le Pen: un programme plus travaillé

Election présidentielle, L’Europe des candidats.

Election Présidentielle, pour remettre l’Europe au coeur des débats de la campagne présidentielle, six organisations européennes – EuropaNova, Confrontations Europe, Mouvement européen France, Institut Jacques Delors, Europartenaires, et la Maison de l’Europe de Paris – ont mis en place une agence de notation chargée d’évaluer le volet européen des programmes des principaux candidats à l’élection présidentielle 2022, l’Agence EEE, un clin d’oeil aux agences de notation financières bien connues. Continuer la lecture de Election présidentielle, L’Europe des candidats.

Yannick Jadot: un programme travaillé, ambitieux

GOUVERNANCE : 4/5

Le programme de Yannick Jadot reprend de nombreuses propositions déjà actées ou en cours de délibération par l’UE mais témoigne d’une volonté de « saut fédéraliste » unique parmi les candidats. Il propose le passage à la majorité qualifiée sur les questions de politique étrangère et de sécurité commune, ainsi qu’un renforcement des compétences européennes dans le domaine environnemental, des ressources fiscales propres pour l’UE et une augmentation des prérogatives du parlement européen. Continuer la lecture de Yannick Jadot: un programme travaillé, ambitieux

Anne Hidalgo: un programme volontaire

 GOUVERNANCE : 4/5

Anne Hidalgo souhaite, en général, renforcer la construction européenne comme modèle politique. Elle propose des réformes institutionnelles qui vont dans le sens d’une autonomie renforcée de l’UE (fin de l’unanimité au Conseil des ministres, initiative partagée entre le Parlement européen et la Commission européenne). Elle est clairement favorable à une défense européenne et à une action extérieure plus concertée. Elle a enfin une approche critique de la relation entre l’UE et les régimes autoritaires, se déclarant clairement en faveur de la défense des valeurs de l’UE en matière d’état de droit et de droits de l’homme. Continuer la lecture de Anne Hidalgo: un programme volontaire

Valérie Pécresse: des mesures dispersées

GOUVERNANCE : 3,5/5

Valérie Pécresse est dans une situation que l’on sent difficile à l’égard de l’UE. D’un côté, elle souhaite promouvoir les acquis de l’UE (comme la politique de défense ou le pilier européen de l’OTAN) ; elle est pour un accueil européen des réfugiés tenant compte d’un système de quotas de répartition (proposition Juncker de 2016) et pour le renforcement de la dimension européenne des politiques économiques (politique industrielle). De l’autre, elle est obligée de tenir compte des revendications venant de la droite de son parti qui est souverainiste. Continuer la lecture de Valérie Pécresse: des mesures dispersées

Jean-Luc Mélenchon : attaque contre les Traités

GOUVERNANCE : 1,5/5

Le programme de Jean-Luc Mélenchon a une cohérence et propose une méthode : focaliser l’UE sur les questions climatiques et sociales à travers la négociation de nouveaux traités soumis à referendum. En cas d’échec, il prône l’opposition systématiquement aux institutions européennes dans tous les domaines incompatibles avec son projet. C’est une stratégie d’obstruction et de désobéissance qui est proposée. Le candidat espère pouvoir créer une coalition avec d’autres pays agissant dans la même direction (sociale et environnementale, non libérale) pour changer l’Europe en profondeur. Continuer la lecture de Jean-Luc Mélenchon : attaque contre les Traités

Fabien Roussel: Une vision radicale

GOUVERNANCE : 2/5

Fabien Roussel ne remet pas en cause l’Europe qui doit être l’instrument de l’avènement d’un monde plus juste, jouer un rôle protecteur des populations (socialement, militairement) et s’organiser sur un mode collaboratif entre nations souveraines et indépendantes. L’Europe est conçue comme un cadre collaboratif permettant aux membres qui le souhaitent d’approfondir leur collaboration dans des domaines précis (« Europe à la carte »). Continuer la lecture de Fabien Roussel: Une vision radicale

Yvetot, ils confirment leur présence

Yvetot, 15 mars Laurence Sellos et Patrick Salez confirment leur participation,

Laurence Sellos, Présidente de la Chambre départementale d’agriculture

« Mes parents ne sont pas agriculteurs, je suis une horsaine, qui plus est bas-normande. Je ne suis pas productrice de lin mais productrice d’œufs de poules pondeuses en plein air en circuits courts, un truc pas vraiment typique de la Seine-Maritime. Et en plus, je suis une femme…. Alors quel honneur d’avoir été choisie par mes collègues ! » Ainsi se définit Laurence Sellos Laurence Sellos au moment de « porter haut une ambition forte pour l’agriculture seino-marine ».

Patrick Salez, membre du Team Europe

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Allemagne: accord de gouvernement, Chancelier Olaf Scholz, installation du nouveau gouvernement fédéral

Le contrat de coalition gouvernementale entre les trois partis (SPD, Verts et FDP) formant la coalition “feu tricolore”(Ampel), a enfin été conclu le mardi 23 novembre au soir. La présentation à la presse par les responsables des partis et les négociateurs a eu lieu le lendemain.

Un contrat de gouvernement ambitieux et audacieux

Le titre même de ce contrat, “Oser plus de progrès!” et son sous-titre “Alliance pour la liberté, la justice et le développement durable” sont assez éloquents.

Cet épais contrat de 177 pages énumère les différents domaines de la politique fédérale où le gouvernement de coalition devra impulser des mutations profondes dans le pays.  Les plus emblématiques sont la transition énergétique, la mise à niveau des infrastructures et des réseaux numériques et l’innovation technologique, pour affronter les nouveaux défis du 21e siècle. Mais la lutte contre la pandémie occupe la première place avant la transition écologique.

Un chapitre très important concerne aussi l’Union Européenne:  la nouvelle coalition souhaite appuyer une véritable stratégie européenne à la fois pour renforcer la cohésion de l’Union dans le cadre d’une approche fédérale et lui conférer plus de force dans les enjeux mondiaux à venir. Un nombre important des réformes et impulsions souhaitées au niveau de l’Allemagne sont évoquées également au niveau européen.

Des mesures sont prévues pour maintenir, voire même améliorer, le bouclier de protection sociale des citoyens, nécessaire à l’acceptabilité de des mutations prévues. Elles ont été portées par le SPD et les Verts. Mais elle s’inscrivent aussi dans le respect du principe d’économie de marché sociale (soziale Marktwirtschaft) qui prévaut en République Fédérale d’Allemagne depuis 1949. Ceci explique que le parti libéral FDP, tout en ne reniant pas ses principes de liberté du marché et de l’entreprenariat, ait signé avec les sociaux démocrates du SPD et les Verts cet accord de gouvernement.

Ces mesures sociales concernent l’augmentation du salaire minimum, l’assainissement du marché du logement, où les loyers sont trop élevés, et la garantie du niveau des retraites, à la fois pour les retraités actuels comme pour les futurs retraités .

Un temps d’élaboration de cet accord nécessaire, mais trop long? 

Un tel accord de gouvernement est certes nécessaire pour la stabilité de la coalition entre plusieurs partis aux objectifs politiques parfois très différents, voire opposés. Il se doit de concerner le plus grand nombre de domaines où des décisions communes devront être prises pour  éviter des conflits internes. Il est aussi un modèle de compromis positif entre des formations politiques différentes dans un esprit commun d’action et de service de l’intérêt du pays. Arriver à un tel compromis nécessite du temps. Mais l’élaboration de ce contrat durant presque deux mois (l’élection du Bundestag a eu lieu le 26 septembre) a aussi handicapé dans un premier temps le futur chancelier et son équipe face à la remontée fulgurante de la pandémie.

La coalition “feu tricolore” rattrapée par la nouvelle montée de la pandémie

Le non renouvellement du plan d’urgence sanitaire fédéral précédent par la nouvelle majorité parlementaire et le vote d’une nouvelle loi confiant l’essentiel des mesures aux Länder avec l’aval des responsables de la future coalition furent critiqués par la Chancelière Angela Merkel, lorsqu’elle gérait encore les affaires courantes avec son gouvernement. Certains observateurs y ont vu l’orientation très libérale du FDP qui avait été très critique à propos des mesures antérieures de confinement et de fermetures de commerces. Elles lui paraissaient incompatibles avec les libertés individuelles garanties par la constitution fédérale. Le SPD et les Verts auraient alors cédé pour ne pas compromettre la réussite de la coalition gouvernementale.

La situation de la pandémie devenant rapidement  dramatique dans certains Länder, avec la saturation des services de réanimation et  des transferts de patients rendus obligatoires, les partis de la coalition ne pouvaient plus en rester seulement à leur première option. Très pragmatique, le futur chancelier a alors déclaré ne pas avoir de ligne rouge en la matière. Il se réserve avec son futur gouvernement toute latitude pour adapter les objectifs de la coalition en fonction de la gravité de la situation sanitaire. Cela signifie qu’il prendrait toutes les mesures nécessaires au niveau fédéral, y compris un confinement éventuel et la fermeture des lieux à risques.

Election du Chancelier Olaf Scholz et nomination des ministres le 8 décembre

Le contrat de gouvernement a été validé successivement par les adhérents des trois partis, puis enfin ratifié par les leaders de la future coalition gouvernementale le mardi 7 décembre.  Le Chancelier Olaf Scholz (SPD) a été élu par le Bundestag dès le lendemain, le mercredi 8 décembre.  Il a obtenu 395 voix pour, 303 contre, 6 abstentions et 3 bulletins nuls. La coalition disposait théoriquement de 416 voix. Le Bundestag se compose de 736 députés. Certains étaient absents, car malades.

Après sa nomination dans la foulée par le Président Fédéral Frank-Walter Steinmeier et sa prestation de serment au Bundestag, Olaf Scholz a  succédé le jour même à Angela Merkel. Les nouveaux ministres qu’il a proposés au Président Fédéral pour leur nomination prêtèrent ensuite serment au Bundestag. Ils prirent leurs fonctions immédiatement lors de passations de pouvoirs dans leurs ministères.

Liste des ministres

Pour les leaders des deux autres partis de la coalition:

vu la direction bicéphale des Verts,

Robert Habeck (Verts) devient Vice-Chancelier, ministre de l’économie et de la protection du climat,  et Annalena Baerbock (Verts) ministre des affaires étrangères

Christian Lindner (FDP) devient ministre des finances. 

Le SPD obtient 7 ministères: le travail et les affaires sociales, l’intérieur, la santé, la défense, la coopération économique et l’aide au développement, le bâtiment et le logement, ainsi que celui de la direction de la chancellerie.

Les Verts obtiennent également 3 ministères en plus des deux premiers: l’alimentation et l’agriculture,  l’environnement, ainsi que la famille et les femmes.

Le FDP obtient également 3 ministères en plus du premier: la justice, l’éducation ainsi que les transports et le digital.

Le nouveau gouvernement montre aussi un souci de parité (8 femmes et 8 hommes, si l’on excepte le Chancelier en tant que 9e homme) et de respect des suffrages obtenus par chaque parti de la coalition lors de l’élection du Bundestag. Il tient compte aussi des souhaits manifestés par l’opinion publique, comme pour le choix du médecin Karl Lauterbach (SPD) à la santé, très populaire à la suite de ses nombreuses interventions dans les médias à propos de la crise sanitaire. Il affiche aussi pour la première fois un souci de représentation de la diversité issue de l’immigration, comme pour le choix du ministre de l’alimentation et de l’agriculture, Cem Özdemir (Verts).

Une continuité du binôme européen franco-allemand?

Le Chancelier Olaf Scholz a effectué son premier déplacement à l’étranger en France, le vendredi 10 décembre, où il sera reçu par le Président Emmanuel Macron. Cette visite n’est pas simplement rituelle dans le cadre de la réaffirmation des liens d’amitié et de coopération entre nos deux pays, depuis les traités de l’Elysée et d’Aix-la- Chapelle.

Elle est destinée aussi à indiquer que le nouveau gouvernement allemand continuera à oeuvrer en commun avec la France dans la construction européenne. La coalition ” feu tricolore” a  inscrit dans son programme le renforcement de la stratégie européenne, du poids de l’Union Européenne. Elle partage donc cet objectif avec la France.

Les liens noués entre Olaf Scholz et Bruno Le Maire – qui maîtrise parfaitement la langue allemande – lors de leurs nombreuses réunions de ministres respectifs des finances et de l’économie ne sont certainement pas étrangers à la qualité des relations. Elles ouvrent même potentiellement de nouvelles perspectives, même si une certaine continuité de la politique menée par Angela Merkel sera aussi probablement une des caractéristiques du nouveau tandem.

https://www.touteleurope.eu/vie-politique-des-etats-membres/allemagne-le-contrat-de-coalition-du-futur-gouvernement-devoile/